Congo-Brazzaville : Une marche de soutien au vol des fonds publics, à la misère et à la dictature

Exaucé Ibam Ngambili, député de Djiri 2 à Brazzaville a été le chef d’orchestre de la marche de soutien à son mentor Denis Sassou Nguesso, le 26 août dernier à Pointe-Noire. Des centaines de jeunes visiblement affamés, mal habillés ou quasiment dénudés et assoupis par des kilomètres à pieds ont, malgré eux, participé à ce carnage, juste pour 2000 FCFA afin s’acheter de quoi mettre sous la dent.

Une jeunesse qui signe sa propre mort

Il ne sied pas de condamner ces jeunes venus participer à cette marche impudique, même si ces derniers ignoraient qu’ils signaient leur propre mort. Conscients du fait que s’ils sont au chômage depuis la fin de leur formation, c’est à cause de la politique hasardeuse de la personne pour qui ils ont marché. S’ils ne peuvent pas se soigner convenablement, étudier dans de bonnes conditions ou encore leurs parents percevoir  salaires et pensions à terme échu, le mal c’est Denis Sassou Nguesso et son équipe d’incompétents et de voleurs. Depuis 22 ans, Sassou et ses disciples ont réussi à appauvrir les Congolais afin de les utiliser dans ces sales besognes. Mais, ventre affamé n’ayant point d’oreilles, ces jeunes y ont été contraints, juste pour un billet de 2000 FCFA chacun afin s’acheter une bière, un morceau de cuisse de poulet et de manioc. Le reste, ce n’est pas leur affaire. Or, en faisant cela, ils aident les faucons du Parti congolais du Travail (PCT) à argumenter devant la communauté internationale le soutien qu’ils bénéficient de la part des populations.

Députés et jeunes cadres du PCT sadiques

Cette marche de la honte montre combien le Congo est dirigé par des soi-disant cadres qui n’ont aucun bon sens, bref des gens qui ne sont pas préoccupés par  le sens de la morale ou d'un quelconque altruisme. On peut dire, des gens qui manifestent au grand jour leur côté sadique, l’esprit machiavélique et criminel qui les anime. Avec le degré de crise que traverse le pays à cause de Sassou Nguesso, ses enfants et son entourage, Exaucé Ngambili Ibam et Henri Zoniaba – pour ne citer que ceux-là-  osent narguer la population congolaise en cette période de vache maigre. Cette marche est une injure  aux 5 millions de Congolais qui manquent de tout. Exaucé Ngambili Ibam et compagnie, son parti, le gouvernement et leur camarade-président chient sur la population dont les souffrances ont atteint le point culminant.  Au moment où la bourse des étudiants au pays n’est pas versée depuis 3 ans, ceux à l’étranger vivotent, les retraités impayés et les salaires versés en retard, les routes délabrées, les hôpitaux et écoles inexistantes, les acolytes de Sassou Nguesso vivent dans un luxe insolent. Ce qui est certain, c’est que bon nombre d’entre eux savent que leur dieu, Sassou Nguesso est aux abois. Le député Ninon Ngouamba, du PCT, a eu le courage de le dire à haute voix à l’un de ses mentors en ces termes : « Grand frère, en politique il faut savoir mettre les gants parfois. Nous avons en 2016 perdu à Pointe-Noire, nous sommes de la majorité, nous devons nous dire la vérité. Nous avons largement perdu à Pointe-Noire. Mais la stratégie n’est pas celle-là. Parce que là c’est quoi en fait : vous avez perdu à Pointe-Noire en 2016, et vous revenez en 2019 pour narguer ses populations pour leur dire écoutez, même si vous ne nous acceptez pas, ici notre candidat c’est Sassou, to ko zonga na kô (ndlr : nous y reviendrons de force). On ne fait pas la politique comme ça. On devrait plutôt réfléchir sur les stratégies de reconquête de Pointe-Noire, mais pas comme ça ! Et puis, il faut mettre la forme. Logiquement, les Zoniaba, les Ibam ne devraient pas apparaître. Soit ils donnaient de l’argent aux gens pour que les gens marchent. Mais c’est pas le moment. Déjà en 2016, on avait un bilan positif. On avait la route de Pointe-Noire, l’université Marien Ngouabi, on avait des infrastructures de base qui avaient été créées, mais nous avons quand même perdu à Pointe-Noire. Aujourd’hui, avec le bilan que nous avons, nous aurons du mal à défendre ce bilan en 2021(…) ». Voilà une réaction consciente d’un membre du PCT. Mais l’on est sûr et certain, que ce même député Ninon Ngouamba de la majorité changera son langage en 2021 pour dire aux populations que le bilan de Sassou a été positif, car le PCT c’est l’école du vol, du mensonge, du manque de raison, du sadisme, de la violence, d’achats de conscience, d’intimidations, bref de tout comportement pervers. Honte à ces ministres, députés et autres dignitaires bien connus qui ont soutenu cette marche.

Heureusement que l’on peut compter sur la vraie population de Pointe-Noire, sur ces jeunes engagés pour le changement, décidés à ne pas céder aux intimidations de tout genre.

Ghys Fortune BEMBA DOMBE

  • 05 September 2019 | 13:09